Fintechs

La révolution de l’expérience utilisateur autour du KYC par la blockchain

La révolution de l’expérience utilisateur autour du KYC par la blockchain 1173 1612 Twelve Consulting
Depuis cinq ans, les acteurs de la finance s’intéressent à la blockchain. Le processus de KYC, régulièrement source d’irritants pour les banques et leurs clients, constitue un cas d’application pour cette technologie. À la clé, des enjeux de connaissance client, de conformité et de sécurisation de l’information. Explications avec Pierre Rognion, Consultant Senior chez Twelve Consulting.


Pourquoi est-ce le bon moment pour s’intéresser à la blockchain ? 

Dans les dix prochaines années, des solutions s’appuyant sur la blockchain vont émerger dans notre quotidien sans que l’utilisateur final en ait nécessairement conscience. Qui aujourd’hui envoie un email en pensant à toute la complexité des protocoles nécessaires tels que TCP/IP ? La blockchain offre des possibilités particulièrement intéressantes et pourrait révolutionner la connaissance client. Les banques en ont clairement pris conscience. On l’a vu à partir de 2014 avec la formation du consortium R3 et plus récemment, avec JP Morgan qui investit dans la technologie de ZCash ou des sociétés comme Ripple qui multiplient les partenariats avec des banques à travers le monde. 
Quels sont les challenges actuels autour du KYC ? 
En résumé : l’expérience utilisateur, qu’il soit client ou collaborateur dans une banque, est souvent mauvaise. Il faut fournir les mêmes documents à de multiples reprises, la réglementation évolue constamment, la vérification des pièces est longue et complexe. Cela est fastidieux pour le client et pour les banques. Les technologies actuellement utilisées manquent de flexibilité, l’information est silotée. D’ailleurs, il n’y a pas toujours autant de sécurité qu’on voudrait le croire. En témoigne le piratage de l’OPM aux Etats-Unis où les données de 30 millions de personnes ont été dérobées. Les clients ne savent pas à quoi vont servir les données et combien de temps elles seront conservées même si ces points sont théoriquement adressés par l’application du RGPD.


Quelle est la valeur ajoutée d’une blockchain dans le processus de KYC ? 

Tout d’abord, davantage de sécurité. Le stockage d’informations via une blockchain permet d’avoir de la traçabilité, de la transparence lorsque c’est nécessaire et rend quasi impossible la possibilité de falsifier ou voler des données. Les banques ont tout intérêt à mettre en place une base de données partagée et accessible depuis une blockchain (qu’elle soit privée ou publique) et qui pourrait permettre de répondre à ce défi d’amélioration de processus, d’expérience et de sécurité. Le « privacy by design » imposé par le RGPD est clairement là.


Concrètement, comment cela pourrait fonctionner et améliorer l’expérience ?  

C’est très simple : le client aurait le contrôle sur les informations qu’il partage et pourrait le faire simplement. On effectuerait alors un processus de vérification, mais il n’y aurait plus à le ré-exécuter à chaque fois. Cela pourrait permettre d’économiser beaucoup de temps et d’argent aux banques, notamment pour les procédures LCB-FT, MiFiD II, la lutte contre la fraude fiscale et l’usurpation d’identité.


Que pourrait être le KYC de demain et comment l’abordez-vous chez Twelve ?  

La principale difficulté à l’heure actuelle n’est pas tant technique qu’organisationnelle. Le secteur bancaire doit être en phase sur la marche à suivre. En tant que spécialistes des secteurs banque-assurance-santé, ainsi que de l’expérience utilisateur-client, nos collaborateurs sont bien placés pour accompagner ces évolutions. Notre expérience des secteurs règlementés nous permet aussi de transformer ces contraintes (LCB-FT, RGPD, MiFiD II) en autant d’opportunités. 
Friday Pitch Paylead avec Charles de Gastines, CEO chez Paylead,

Paylead nous parle Intelligence Artificielle

Paylead nous parle Intelligence Artificielle 1024 682 Twelve Consulting

Charles de Gastines, CEO chez Paylead, était l’invité de notre #FridayPitch ! Nous y avons parlé Intelligence Artificielle au service des #Banques & des #Fintechs dans le but de parfaire la connaissance de leurs clients. ????

Les Fintech européennes : 2017, l’année de la consolidation ?

Les Fintech européennes : 2017, l’année de la consolidation ?

Les Fintech européennes : 2017, l’année de la consolidation ? 1024 512 Twelve Consulting

Depuis cinq ans nous assistons à un véritable boom de la fintech en Europe. Lydia, Leetchi, Le Pot Commun, PayTop, TransferWise, Advize, Fundshop, Marie Quantier, Yomoni, Fluo, Atom Bank, Monzo, N26, Revolut, Bankin, Linxo… Ces sociétés technologiques spécialisées dans l’innovation financière ont pour objectif de bousculer les modèles des banques traditionnelles. Qu’elles proposent de nouveaux services ou de repenser l’expérience client des établissements classiques, ces acteurs du changement ont pour ambition de transformer la façon dont les clients consomment les services bancaires. Aussi bien sources d’opportunités que de menaces pour les banques, les pépites de la fintech accélèrent l’évolution de nos usages. Focus sur deux types d’acteurs clés dont nous allons à coup sûr entendre parler en 2017 : les agrégateurs de comptes et les banques mobiles.

 

LES AGRÉGATEURS DE COMPTES : DES INTERMEDIAIRES CLÉS

Les agrégateurs de comptes sont des types de fintechs particulièrement intéressants. Ils se présentent comme des intermédiaires qui donnent au client une vision exhaustive de ses finances en agrégeant leurs comptes bancaires et reconstituant l’historique et la catégorisation des dépenses. Ces outils déjà très utilisés aujourd’hui – le français Bankin’ revendique déjà plus d’un million et demi d’utilisateurs – vont devenir encore plus intéressants en 2018. La deuxième directive européenne des services de paiement (DSP2) censée être transposée dans le droit français à partir du 1er janvier 2018 devrait leur permettre de faire des transactions sans pour autant être des banques. Les agrégateurs comme Bankin’ pourront alors demander un agrément à l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR), afin d’opérer eux-mêmes des transactions entre les comptes des clients.

Nous pouvons donc raisonnablement imaginer que courant 2018, les agrégateurs s’enrichiront de nouvelles fonctionnalités et permettront de comparer encore plus facilement les offres bancaires, de changer aisément de banque (loi Macron) pour profiter de meilleures offres, de trouver un crédit, de préparer des projets, et de proposer des solutions adaptées à notre contexte. L’entrée en vigueur de la DSP2 va réduire les barrières à l’entrée en permettant à de nouveaux acteurs d’exercer une partie du métier bancaire sans pour autant nécessiter l’obtention d’une licence bancaire. Par exemple, des solutions d’épargne et placements financiers seront suggérés à l’utilisateur si une somme importante est détectée sur le compte courant. L’appli servira de conseiller financier et pourra coacher l’utilisateur de la manière la plus adaptée en mettant en lien ses objectifs et son historique. La gestion de l’épargne constitue ainsi une formidable opportunité pour les agrégateurs.

Pour ces raisons, les banques surveillent de près les agrégateurs, mais elles ne sont pas les seules. Les assureurs sont eux aussi intéressés, mais pour des raisons différentes. L’hyperconnectivité des utilisateurs permet de mieux mesurer les risques et de les prévenir. Avoir accès à l’historique des finances d’un client révèle qui il est, ce qu’il consomme, peut permettre de mesurer, comparer, et peut-être de concrétiser des opportunités en le conseillant. Depuis l’été 2016, l’agrégateur Linxo fournit sa plateforme en marque blanche à la MAIF et l’assureur a clairement exprimé sa volonté de s’appuyer sur cette connaissance client afin de proposer des produits adaptés et complémentaires des services bancaires classiques.

 

LES BANQUES MOBILES : DES BANQUES LOW-COST ET DYNAMIQUES

L’Internet mobile a permis le développement de nouveaux usages, et particulièrement dans le milieu bancaire. Les banques traditionnelles ont ouvert des banques en ligne (comme Société Générale avec Boursorama, BNP avec Hello Bank ou le Crédit Agricole avec BforBank) proposant de gérer ses comptes depuis son smartphone et généralement low-cost. Il n’y a plus à se déplacer en agence, l’ouverture de compte est simplifiée et les frais bancaires sont généralement plus faibles que dans une banque classique. Le client évolue de manière autonome. Comme le souligne le slogan de BforBank : « mon banquier c’est moi ». Ces banques en ligne se sont particulièrement développées ces dernières années et mènent une guerre des prix. Nous pensons particulièrement à Boursorama et ING qui trônent régulièrement en tête des classements des banques en ligne les moins chères. Ces banques sont cependant dans la ligne de mire de nouveaux entrants : les banques mobiles. C’est-à-dire les banques dites « mobile-first » qui ont intégré au coeur de leur ADN le mobile, de sorte que le client peut accéder à l’ensemble de ses services depuis son smartphone. Un concept qui plait particulièrement aux jeunes actifs urbains et aux voyageurs réguliers.

Parmi ces nouvelles banques, la berlinoise Number 26 est sans doute l’une des plus emblématiques et ambitieuses. Son objectif est que le client puisse gérer l’ensemble de ses finances depuis son smartphone. N26 a su convaincre des angel investors clés dont Peter Thiel. La banque entend se développer dans toute l’Europe et a pour ce faire de nombreux atouts. L’ouverture de compte se fait en moins de 10 minutes par un entretien vidéo avec un agent. Il n’y a pas d’agence physique, toute l’administration du compte se fait via le mobile. Les opérations sont effectuées en temps réel et classées dans l’application. Si le client se fait voler sa carte il peut la bloquer immédiatement. Il est également possible d’envoyer de l’argent à des proches par SMS ou email, sans passer par une banque tierce. Number 26 intègre directement TransferWise. Les virements internationaux et retraits depuis des distributeurs à l’étranger se font à des prix compétitifs. Les tarifs vont de 0€/mois pour une Mastercard standard à 5,90€ mois pour une carte Mastercard Black qui intègre de nombreuses assurances et protections (vol de mobile, accidents à l’étranger, extensions de garantie, etc.). Number 26 a également lancé en Allemagne un service appelé Invest et qui propose un compte épargne avec des placements automatiquement gérés en fonction du profil de l’investisseur. N26 compte intégrer davantage d’intelligence artificielle dans ses futurs services afin de rendre l’expérience client encore plus fluide. Il suffit de naviguer dans l’appli N26 quelques minutes pour comprendre que l’interface utilisateur est l’un des atouts majeurs de l’expérience client. N26 n’est pas la seule banque « mobile first », mais elle en représente la forme la plus aboutie à l’heure actuelle. Attention cependant, le dynamisme des jeunes fintechs peut être source de divers soucis, par exemple la viabilité du modèle économique (par exemple Morning) ou des failles de sécurité (N26 dont un chercheur a réussi à pirater l’un des comptes).

 

2017, VERS UN RESSERREMENT DU MARCHÉ ?

A l’image d’AirBnB et Booking pour les secteurs du tourisme, les fintechs de type agrégateurs et banques mobiles pourraient représenter un danger pour les banques classiques, en menaçant de leur faire perdre la maîtrise de la relation avec leurs clients. D’une part, les banques ont bien compris qu’il leur faut composer entre compétition et coopération sous peine de subir le changement. Et d’autre part, les fintech ont elles aussi besoin des banques traditionnelles qui apportent une marque et une relation incarnées par un banquier. Plusieurs banques ont déjà stratégiquement racheté des startups de la fintech comme Crédit mutuel Arkéa (Prêt d’union, Lino, Leetchi, Yomoni), Banque Populaire Casse d’épargne (Le Pot Commun) ou encore Société Générale (Fiduceo) pour ne citer que quelques exemples. Les acquisitions ne sont cependant pas l’unique possibilité. Nous voyons aussi des partenariats se former. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de développer ce point dans un prochain article.

Les rachats et partenariats stratégiques de ce type vont nécessairement s’intensifier car la multiplication des acteurs n’est pas pérenne. Certains observateurs craignent d’ailleurs la formation d’une bulle comme celle de l’Internet en 1999. Il n’y aura pas de place pour tous les nouveaux entrants, et certains sont en meilleure position que d’autres. Au début des années 2000, Axa et Groupama avaient fait l’effort d’obtenir une licence bancaire pour lancer leurs offres mais elles n’ont pas rencontré le succès escompté. L’offre Soon d’Axa banque, destinée aux jeunes, ne revendique que 15 000 clients. Groupama Banque vient de son côté, d’être rachetée par Orange qui travaille activement au lancement de sa propre banque mobile, Orange Bank, a priori en avril 2017. Orange a réussi à obtenir une licence bancaire suite au rachat à 65% de Groupama Banque et semble entretenir de fortes ambitions et son arrivée sur le marché pourrait accélérer le phénomène de resserrement du marché autour de quelques acteurs clés. C’est un pari de diversification pour l’opérateur télécom dont l’objectif est d’avoir 2 millions de clients d’ici 10 ans, soit autant que Boursorama espère en avoir d’ici 2020. Les services bancaires proposés par Orange iront de l’ouverture de comptes aux produits d’épargne, en passant par les crédits à la consommation et crédits immobiliers. 100% des services bancaires seront accessibles sur le mobile mais Orange compte cependant s’appuyer sur un modèle hybride en utilisant 140 de ses boutiques et 3000 agences Groupama comme des leviers de conversion et points d’information. Orange compte mettre en avant son expertise numérique et sa maîtrise de la relation client afin d’attirer le plus grand nombre. 2017 s’annonce donc comme une année dense pour les fintechs et particulièrement excitante pour les clients qui pourront profiter d’outils plus pratiques, conçus pour répondre à leurs besoins et mieux gérer leurs finances.

 

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Blockchain mode ou réalité par Sixtine Bouchaud

La Blockchain : un effet de mode ou une réalité ?

La Blockchain : un effet de mode ou une réalité ? 1024 758 Twelve Consulting

Vaste sujet que la Blockchain ! Depuis quelques mois, nous sommes inondés d’articles, de dossiers, de conférences et autres webinars sur le sujet, en France mais également hors de nos frontières. Les statistiques de recherche sur Google parlent d’elles même : sur une échelle de 0 à 100, 100 étant la plus grande quantité de recherche d’un terme, Blockchain obtient 90 pour le mois de mars 2016.

J’ai cependant remarqué que malgré cette abondance de littérature sur le sujet, nombreux ceux qui n’arrivent pas à s’imprégner du sujet, de par son caractère très technique. Je me suis donc lancé le défi  de vulgariser ce sujet en partant des usages apportés par la Blockchain. C’est là l’essence du métier de consultant en transformation digitale : identifier pour nos clients les usages portés par de nouvelles technologies. La Blockchain est-elle un effet de mode ou une tendance de fond ?

Cet article s’inspire de recherches personnelles et de conférences auxquelles j’ai participé :  The WBS PayTech 2016 à Londres en février dernier et la Conférence Blockchain organisée par Digital Business News et Orange en mars dernier à Paris.

La Blockchain est une base de données publique (cf typologie), sécurisée, distribuée entre ses utilisateurs (aucun opérateur ne détient plus de 50% de la puissance de calcul de la chaîne), sans intermédiaires ni organe central de contrôle.

Cette technologie propose une nouvelle manière de communiquer des informations et de sécuriser des transactions quelle que soit leur nature (contrats, transactions financières et monétaires, titres de propriété, diplômes, dossiers médicaux …), en optimisant la traçabilité des échanges et en les décentralisant. Cette technologie innovante favorise le développement de coopérations et d’unesprit de communauté, de plus en plus recherché par les utilisateurs.

La Blockchain contient l’ensemble des échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création. Ce registre est mis à jour en temps réel par chaque utilisateur et stocké sur leurs propres serveurs.

 

Typologie de la Blockchain

On recense trois types de Blockchain: public, semi-privé, et privé. L’anonymat des données et des utilisateurs varie en fonction de cette typologie. Les usages de la Blockchain sont fortement liés au degré d’anonymat fourni par chaque type ; dans le secteur des services financiers, par exemple, les acteurs préfèreront une Blockchain conservant l’identité des utilisateurs secrète.

  • La Blockchain publique comme son nom l’indique, est ouverte à tous, en termes d’utilisation, de lecture, de réalisation de transactions et de participation au processus de création du consensus validant ces transactions. Toutes les classes d’actifs sont sur le même registre, facilitant et réduisant ainsi le temps de latence des transactions. Ces Blockchains sont sécurisées par les cryptoeconomics : le degré d’influence dans le processus de consensus est proportionnel à la quantité de ressources économiques apportée. Dans une Blockchain publique, « le code est la loi ».
  • La Blockchain semi-privée : Le processus de consensus est contrôlé par un ensemble de nœuds présélectionnés. Chaque nœud se compose de mineurs, serveurs et ordinateurs, soit la puissance de calcul. L’exemple illustrant le mieux la Blockchain semi-privée est celui d’une association d’institutions financières. Chacune d’entre elles opère un nœud. Tous ces nœuds sont nécessaires à la validation d’un bloc. Les permissions de lecture de la blockchain peuvent être publiques ou restreintes. Le consortium R3 regroupant 42 institutions financière dans le monde entier est actuellement en train de travailler sur cette possibilité.
  • La Blockchain privée est principalement une Blockchain interne à une organisation. Un nombre limité et prédéfini d’utilisateurs peut participer au processus de création du consensus. Les permissions de lecture peuvent être publiques ou restreintes de façon arbitraire. Certaines Blockchain privées utilisent le principe de cooptation pour donner accès à de nouveaux utilisateurs. Au sein de ces Blockchains, le niveau d’anonymat des utilisateurs est le plus haut.

 

Les atouts de la Blockchain

  • Une sécurité des données et des transactions renforcée :
    • Un registre décentralisé, dont les transactions sont validées par une communauté et des Tiers de confiance indépendants.
    • Une traçabilité des données accrue favorisant le respect des règlementations de chaque secteur et la transparence des échanges (anti-blanchiment, processus  «  Know Your Customer »…).

 

  • Une forte désintermédiation qui :
    • Favorise l’intégration financière, notamment dans les économies émergentes. La Blockchain offre de nouvelles manières de valider l’identité d’une personne, facilitant ainsi l’ouverture d’un compte bancaire ou l’accès au prêt (contrairement aux processus plus traditionnels des institutions financières). La technologie Blockchain participe ainsi à la démocratisation des services financiers
    • Améliore la comptabilité des entreprises grâce à un registre de transaction partagé, vérifié par la communauté des mineurs et ce, presqu’en temps réel.
    • Réduit les coûts de transaction et de gestion (contrats, virements, diplômes, dossiers médicaux, permis de conduire …) Dans le secteur financier, la Blockchain offre aux institutions financières une gestion plus flexible de leurs réserves. En effet, cette technologie permet de réduire le temps de gestion des litiges grâce à des notifications immédiates, diminuant ainsi la quantité de réserves que ces dernières doivent conserver pour la gestion du risque. Ces ressources peuvent alors être allouées à leurs besoins en capitaux par exemple.

 

 

Cas d’usage de la Blockchain :

  • Gestion de cadastres : L’ONG Bitland a lancé un projet de cadastre numérique à Kumasi au Ghana en 2015 appelé « Real Estate Land Title Registration ». Ce projet se base sur la technologie Bitcoin Blockchain pour la gestion et le transfert des titres de propriétés et des cadastres. En utilisant simplement les coordonnées GPS de la propriété et en les téléchargeant sur les serveurs, on peut générer un titre de propriété dans la Blockchain. Le projet est encore en phase pilote actuellement.

 

  • Gestion de dossiers médicaux : En Estonie, l’entreprise de Blockchain Guardtime et la eHealth Foundation ont annoncé la création d’un partenariat en mars 2016, avec le déploiement d’un système basé sur la Blockchain pour sécuriser plus d’un million de dossiers médicaux. La Keyless Signature Infrastructure (KSI) de Guardtime s’intègrera à la base de données Oracle de la fondation permettant ainsi un suivi en temps réel du statut des dossiers de patients. La KSI est une Blockchain sans registre. En effet, lorsqu’un changement est apporté au dossier médical, une nouvelle signature (ou « hash ») est générée et stockée dans la Blockchain de Guardtime. Le contenu du dossier médical quant à lui ne l’est pas.

 

  • Faciliter l’investissement des PME et des particuliers : Le 31 mars 2016, le gouvernement français a annoncé le lancement d’un pilote afin d’expérimenter l’utilisation financière de la Blockchain. L’objectif est de diversifier les solutions de prêt en adaptant la législation pour mettre la Blockchain au service des « mini bonds ». Cela permettrait aux grands comptes d’investir dans des plateformes de financement participatif pour financer les plus petites entreprises.

 

  • Des usages internes pour les banques : Certaines banques comme Barclays et UBS sont en train de passer à l’action en termes d’utilisation de la technologie Blockchain. Barclays a sélectionné 3 start-ups spécialisées pour suivre son programme d’accélération à Londres : utiliser la Blockchain pour résoudre les problèmes d’authentification des personnes lors de transactions électroniques, tracer toutes sortes de biens. UBS, quant à elle, s’oriente vers l’utilisation de cette technologie pour faciliter et réduire les délais des transactions internationales. Ses laboratoires d’innovation (Londres, Singapour et Zurich) développent cette technologie pour la rendre plus sûre et efficace.

On notera  que la Banque d’Angleterre a été une des premières banques centrales à se pencher sur le sujet (Février 2015 en travaillant sur des systèmes hybrides utilisant la technologie Blockchain.

 

  • Le vote électronique via la technologie Blockchain : De nombreuses initiatives sont en train de voir le jour comme FollowMyVote (Etats-Unis), PublicVote et V-initiatives (Australie), DemocracyOS (Argentine et France). La plus concrète d’entre elles se trouve à Tallinn en Estonie où, fin 2016, les actionnaires de la bourse estonienne pourront voter en ligne via leur e-Residency et donc participer aux assemblées générales.

En effet, la Blockchain est très intéressante dans le processus de vote puisqu’elle permet de réduire le taux d’abstention (pas de déplacement physique nécessaire), d’augmenter la sécurité en décentralisant le stockage des votes et la confidentialité grâce aux clés des utilisateurs (une clé publique pour identifier l’utilisateur sur les listes électorales, une clé privée pour voter en toute sécurité).

 

Les limites de la Blockchain

Selon Gilles Babinet, (Digital Champion France à la Commission Européenne et fondateur de Captain Dash et de eYeka) les enjeux soulevés par la technologie Blockchain sont les suivants :

  • Un enjeu écologique : La Blockchain nécessite une forte consommation d’énergie pour faire tourner les ordinateurs et les serveurs des mineurs.

 

  • Un enjeu de masse : Les chiffres relatifs au nombre de blocs validés et de transactions effectuées par seconde ne sont pas disponibles en temps réel. Cela complique l’utilisation de masse de la Blockchain.

 

  • Un enjeu de gouvernance : Cet enjeu est relatif au processus de création de consensus pour valider les blocs qui dépend du type de Blockchain (publique, semi-privée ou privée) et de la question de l’anonymat des utilisateurs ainsi que des normes réglementaires à respecter (anti-blanchiment, KYC …). Une banque privée aux nombreux clients « high profile » préfèrera se tourner vers une Blockchain semi-privée ou privée afin de conserver l’anonymat de ses clients. De manière générale, les institutions financières se tournent principalement vers ces deux types de Blockchain.

 

Le fonctionnement de la technologie Blockchain :

Chaque donnée est anonymisée grâce à la création d’une signature appelée « hash ».  Un « hash » est généré par un calcul mathématique spécifique et à sens unique : il crypte la donnée mais ne peut pas la décrypter. SHA 256 est un exemple de « hash » fortement utilisé.

Un « hash » doit obligatoirement commencer par un certain nombre de 0. Ce nombre varie en fonction de la quantité de puissance de calcul sur le réseau.

Tous les échanges des utilisateurs sont validés par une communauté de mineurs (entités dont la fonction est d’alimenter le réseau en puissance de calcul) via un processus de Proof of Work ou  par un consensus (accord entre la majorité des systèmes de software qualifiés).

Le Proof of Work est une équation composée :

  • Du « hash » du bloc en question
  • Du nombre qui représente la liste des signatures des transactions de ce même bloc
  • Du nonce (une valeur aléatoire).

Les mineurs doivent trouver la valeur du nonce de manière à ce que le « hash » soit un nombre qui commence par une série de zéro. Plus la quantité de puissance de calcul du réseau est élevée, plus le nombre de zéro est important.  Le mineur qui trouve cette valeur, valide le bloc et accède aux 25 Bitcoins (sa rémunération).

Les mineurs sont rémunérés de deux façons : au nombre de blocs validés et aux commissions attachées à chaque transaction (environ 0,0001 BTC/ 1000 bytes – taille de transaction)

 

Conclusion

La tendance qui a le plus retenu mon attention quant aux usages de la Blockchain, est l’optimisation du processus KYC (Know Your Customer) dans le secteur des services financiers. La Blockchain est très (trop ?) souvent assimilée au Bitcoin, et donc aux transactions monétaires et financières. Il est indispensable de ne pas s’enfermer dans le Bitcoin pour identifier les usages de la Blockchain dans ce secteur. C’est dans cette optique que la Fintech Tradle (représentée par son CEO et co-founder Gene Vayngrib lors de la conférence WBS PayTech en février) s’est créée. Cette dernière part du constat suivant : les institutions financières investissent énormément dans le juridique et la conformité (MiFID, DSP2…). Leur solution permet d’optimiser ces coûts. L’application de Tradle, Trust in Motion (TiM) met en relation une institution financière avec son client ou prospect afin de valider rapidement et de manière sécurisée son identité et ainsi effectuer son onboarding. Pour Gene Vayngrib, « Tradle est l’instagram du KYC ». Le client/prospect envoie les photos des pièces d’identité nécessaires qui sont ensuite validées par la banque, signées électroniquement et stockées de manière confidentielle dans la Blockchain. Cette identité digitale peut être mise à jour et revalidée automatiquement en toute sécurité.

Il est indéniable que la technologie Blockchain est une des tendances phares de l’année 2016. Cette technologie promet de démocratiser la transmission et le stockage d’informations et d’actifs sous toutes leurs formes à travers un archivage anonyme, difficilement falsifiable et jusque-là inaliénable.

Toutefois, il est primordial d’avancer prudemment et d’identifier précisément les usages que les acteurs de chaque secteur peuvent en faire ainsi que la valeur ajoutée que cette technologie, encore balbutiante, peut leur apporter. En effet, les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2015, les transactions par Bitcoin représentent toujours un chiffre infime comparé aux transactions par carte bancaire : 7 transactions Bitcoin par seconde dans le monde contre par exemple 185 transactions en carte bleue par seconde en France.

 

La Blockchain en quelques chiffres

  • La taille de la Blockchain aujourdhui (avril 2016) est de 63GB en augmentation
  • Un bloc se compose de 1000 à 1700 transactions
  • Un maximum de 7 transactions à la seconde est effectué
  • Un bloc est confirmé toutes les 10 minutes environ
  • Un « hash » (signature) peut varier de 0 ou 1 à 1 suivi de 77 zéros
  • La rémunération des mineurs : 50 bitcoins (BTC) par bloc, puis 25 BTC après 210 000 blocs. 25 BTC équivaut à environ 10 500 USD

 

Article écrit par Sixtine Bouchaud
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Ce qu’il faut retenir du London’s Fintech Expo de décembre 2015

Ce qu’il faut retenir du London’s Fintech Expo de décembre 2015

Ce qu’il faut retenir du London’s Fintech Expo de décembre 2015 1023 682 Twelve Consulting

Dédié à la Finance et l’Assurance, la conférence London’s Fintech Expo qui se déroulait du 8 au 9 décembre 2015 rassemblait Fintechs, Insuretechs, banques traditionnelles et cabinets de conseil autour de conférences, workshops et sessions de showcase.

La spécificité des sujets fait échos aux missions que Twelve effectue chez ses clients. Sixtine et Normann, deux Twelveurs présents sur place, nous font part de leur analyse.

Ce qu’il faut retenir de la conférence

Trois axes majeurs dans les débats :

  • La nécessité d’acquérir une meilleure connaissance client par une utilisation optimale de la Data collectée
  • Les enjeux soulevés par les nouveaux entrants et nouvelles technologies dans l’assurance
  • La démocratisation des services financiers : nouveaux clients, nouveaux investisseurs

 

  1. Comment utiliser le Big Data pour proposer des offres et services sur mesure à chaque client?

La connaissance client est un enjeu majeur de la révolution digitale. Elle permet de fournir aux clients des produits et services personnalisés, et adaptés à leurs besoins par une segmentation plus fine.

Les institutions financières traditionnelles possèdent déjà une importante base de données Client, construite au fil du temps. Les Fintechs, par leur plus grande capacité d’innovation, développent des solutions digitales qui optimisent simultanément la collecte de nouvelles données et l’utilisation de la Data existante.

Ces outils transforment la donnée Client brute en informations exploitables tout en intégrant de nouvelles variables – comportement de l’investisseur/de l’assuré, préférences en terme d’investissements/de produits et centres d’intérêt, aux paramètres traditionnels – potentiel d’investissement et profil de risque.

Il s’agit de remettre l’utilisateur au cœur du modèle économique. « Nous avons tendance à toujours parler de technologie alors qu’il faut parler de l’humain » (Jamie Macgregor, Senior vice-président de la practice Assurance chez Cellent).

 

  1. Dans l’assurance, quels sont les enjeux soulevés par l’arrivée de nouveaux acteurs (Insuretechs et « assurances engagées »), de nouvelles technologies?

 Le secteur de l’assurance est en pleine transition. Il passe d’un modèle basé sur une offre uniforme à une personnalisation pointue, notamment grâce à l’Internet des Objets (IoT). Ces outils mesurent les comportements des assurés, accroissant et optimisant la connaissance client.

Pour Andrew Brem, Chief Digital Officer d’Aviva, « l’IoT permet l’ultime sur-mesure de l’offre client ».

Ce secteur fait aussi face à quatre changements majeurs :

  • La désintermédiation entre producteur et vendeur de produits d’assurance
  • L’exploitation de nouvelles données client dans le pricing des produits
  • La transformation de la relation assureur/assuré : le client a un accès facilité à l’information, il demande plus de transparence et de contrôle sur ses assurances.

« L’assureur, comme le banquier, devient un partenaire de vie pour le client » (Jamie Macgregor)

  • L’émergence de nouveaux acteurs comme les Insuretechs (Oscar et Vitality par exemple) et les « assurances engagées » qui apportent de nouvelles façons de s’assurer. L’Insuretech Inspeer par exemple, propose à ses utilisateurs de partager leurs franchises d’assurance avec sa communauté d’assurés afin de diluer le risque.

Ces transformations ont deux principaux impacts sur les modèles actuels :

  • Elles favorisent la diminution du risque grâce à des outils de mesure plus perfectionnés, innovants et en temps réel
  • Elles nécessitent d’adapter l’offre Produits par de nouvelles manières de s’assurer ou encore de réfléchir à la question de la responsabilité du client (exemple des voitures sans conducteur de Google et Apple).

 

  1. La démocratisation des services financiers : Comment capter de nouveaux clients et investisseurs ?

Deux thématiques ont particulièrement retenu notre attention :

  • Cibler de nouveaux clients : marchés émergents et populations « underbanked »

L’ouverture des services financiers à cette nouvelle population favorise leur intégration sociale et financière. Cette démocratisation est observée dans les pays développés comme dans les pays émergents.

Vodafone M-Pesa et TransferTo se sont positionnés sur les marchés émergents, en fournissant un service de transfert d’argent via téléphone mobile. Ils se focalisent sur des régions isolées, difficilement accessible par les acteurs traditionnels et nécessitant une adaptation des services proposés (peu d’accès internet, faible recensement de la population, difficulté de vérification d’identité…).

Ces acteurs ont observé de réelles opportunités en termes de gain de part de marché et de ROI sur ces marchés.

  • Développer le financement participatif pour répondre à la demande des investisseurs.

L’économie participative est de plus en plus présente.

Le développement d’approches alternatives avec le crowdfunding ou le peer-to-peer lending répond à la demande de tous les types d’investisseurs.

En effet, ils cherchent à donner du sens à leurs investissements, à être acteur de leur stratégie. Les critères qualitatifs des projets financés évoluent. Il ne s’agit plus uniquement de ROI, les investisseurs recherchent également un impact sociétal positif.

« Le P2P lending est un service additionnel, qui vient en soutient des services financiers existants. Il permet la diversification de l’offre proposée aux clients » (Juan Jimenez Zaballos, Directeur de CIB Corporate Innovation au sein du groupe Santander)

Dans ces deux domaines, les Fintechs permettent de rendent accessibles les services financiers à un public plus large et moins averti. Les banques traditionnelles quant à elles, doivent se positionner sur ces marchés, en choisissant leur cible client.

 

Ce que les Twelveurs en pensent

 

 

Sixtine Bouchaud

Sixtine Bouchaud

 

Normann Beck - Senior Consultant chez Twelve Consulting, cabinet de conseil spécialisé dans l'expérience client

Normann Beck

Au-delà de ces sujets, cette conférence nous a offert une large revue des typologies de services proposées par les Fintechs :

  • Services bancaires
  • Moyens de paiements
  • Financement participatif
  • Gestion d’actifs et de patrimoine
  • Assurance
  • Sécurité et règlementation

Nous constatons – notamment au travers de la participation des banques traditionnelles à la conférence – une évolution dans leur relation aux Fintechs. Le développement de partenariats et de collaborations fait émerger des synergies entre ces acteurs, au-delà des acquisitions réalisées jusqu’à présent.

De ces synergies dépendent la pérennité des Fintechs et de leurs modèles disruptifs, tout autant que la modernisation des banques traditionnelles.

 

Un article de Sixtine Bouchaud et Normann Beck.

Twelve Consulting
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Sixtine Bouchaud analyse les stratégies des banques traditionnelles face à l’émergence des FinTechs

Sixtine Bouchaud analyse les stratégies des banques traditionnelles face à l’émergence des FinTechs

Sixtine Bouchaud analyse les stratégies des banques traditionnelles face à l’émergence des FinTechs 630 452 Twelve Consulting

Maxime RenardUn mois, une interview ! Nos Twelveurs, experts en transformation digitale, s’intéressent aussi aux métiers de nos clients, aux évolutions de notre économie, aux innovations les plus disruptives et à tout ce qui fait l’effervescence extraordinaire de notre secteur. Chaque mois, Maxime Renard, consultant chez Twelve Consulting, rencontre un Twelveur et s’intéresse à un nouveau sujet !

 

 

Sixtine Bouchaud

 

Sixtine Bouchaud a rejoint les équipes de Twelve en avril 2015. Intervenant notamment auprès de nos clients de la banque privée, Sixtine s’intéresse particulièrement aux Fintechs et à leur impact sur la disruption des modèles économiques traditionnels, ainsi qu’à la digitalisation des services financiers

 

 

Les 2 et 3 novembre prochain aura lieu le Finance Magnates London Summit à Londres, événement majeur de l’univers des FinTechs et lieu de rencontre entre les banques traditionnelles et ces nouveaux acteurs disruptifs. Twelve suit ces innovations digitales de très près.

 

Maxime Renard : D’où viennent les FinTechs et comment émergent-elles ?

Sixtine Bouchaud : Revenons 7 ans en arrière : la relation entre les banques traditionnelles et leurs clients a beaucoup évolué. Le grand public est entré à une vitesse formidable dans l’univers du digital depuis la fin des années 2000, et la crise financière a remis en cause la confiance entre les grandes banques traditionnelles et leurs clients. Dans ce contexte, de nombreuses entreprises innovantes ont apporté le digital dans le secteur de la finance, en proposant de conjuguer les services traditionnels aux nouvelles technologies : les FinTechs.

Les premières FinTechs émergent aux Etats-Unis, puis rapidement en Europe, et en particulier à Londres. La première place financière mondiale devient également la terre d’accueil des FinTechs, grâce à la bienveillance des grandes institutions financières et du gouvernement. Ces start-up innovantes, agiles, nées dans l’effervescence de l’innovation et du digital proposent les services financiers traditionnels à moindre coût, plus facile d’accès, plus proche des utilisateurs, en exploitant les plateformes internet et mobiles. Le consommateur de 2015 recherche des solutions complètes, accessibles quand il le souhaite et où il se souhaite : les offres des banques traditionnelles apparaissent souvent insuffisantes, sont facilement mises en concurrence, et les éléments différenciateurs sont difficiles à acquérir et à conserver. Les FinTechs, elles, répondent à cette demande avec une précision et une agilité qu’il est difficile d’avoir dans les importantes structures des banques traditionnelles classiques.

 

Maxime Renard : Face à ce défi, quelles stratégies pour les grandes banques traditionnelles ?

Sixtine Bouchaud : L’enjeu est de savoir prendre le virage de la digitalisation, de profiter du modèle innovant des FinTechs et d’éviter la disruption de leur modèle. Face à cela, trois réactions, trois stratégies.

La stratégie la plus spontanée est celle de l’investissement : au cœur du métier du banquier, elle permet de racheter l’innovation elle-même, avec le risque de ralentir la capacité à la poursuivre et à la développer. C’est le choix qu’a fait BBVA en 2014, en rachetant la start-up Simple.

La stratégie la plus répandue est celle du partenariat : c’est l’objet du Finance Magnates London Summit. Les FinTechs sont en forte demande d’investissements, de ressources et de fonctions support ; les banques traditionnelles sont en forte demande d’innovation, d’agilité et de nouvelles solutions pour optimiser leur relation clients et les services qu’elles proposent. L’envergure et l’inertie de ces institutions ne permet pas d’avoir l’agilité des FinTechs en termes de modèles d’implémentation comme le « test and learn », mais aussi en termes de créativité et de disruption. Aussi, les FinTechs et les acteurs traditionnels se rencontrent dans le cadre des Innovation Labs ou des StartupBootcamps, comme aux Etats Unis, à Londres, à Singapour, à Hong Kong. Certaines banques créent même leurs propres Innovations labs : UBS chez l’accélérateur Level 39 ou HSBC avec un Asia Pacific Innovation Lab à Singapour. Pour HSBC, cela s’inscrit dans sa stratégie d’adoption de la digitalisation et des innovations diruptives, comme par exemple le « mentoring » de Fintech à Londres ou à Hong Kong, ou encore le soutien à The Stone & Chalk hub à Sydney.

Enfin, la stratégie de l’ouverture est la plus en rupture avec le comportement traditionnel de la banque. Elle consiste à ouvrir ses ressources, ses atouts, son expérience aux FinTechs, en capitalisant sur la capacité d’innovation de ces dernières. Goldman Sachs l’a expérimenté en ouvrant le code source propriétaire d’une partie de son Middle Office au public via GitHub (outil de collaboration online). Fidor Bank est une banque digitale proposant aux FinTechs cette stratégie d’ouverture : des solutions de Middle Office ouvertes, permettant d’intégrer directement dans les institutions financières les solutions les plus innovantes (mobilité, peer to peer lending…). Ces solutions suivent l’innovation au plus près, et permettent aux banques de contourner le développement de solutions propres, processus souvent long, laborieux, et de diminuer le risque de gap entre les services offerts et l’innovation la plus aboutie.

 

Maxime Renard : Quel ROI pour quelle stratégie ?

Sixtine Bouchaud : Twelve Consulting étudie ces modèles, du point de vue métier et du point de vue technique. Il est très difficile de se différencier dans ce secteur de plus en plus en concurrence : l’expérience, la connaissance des enjeux et l’agilité dans l’accompagnement de ces évolutions est un élément clé de succès. La satisfaction du client est l’objectif poursuivi par les banques comme par les FinTechs.

Chez Twelve Consulting, nous nous réjouissons de voir les FinTechs de plus en plus nombreuses et les partenariats avec les banques de plus en plus forts : c’est l’économie collaborative en action, qui finalement sert le grand public et l’innovation !

 

Interview de Sixtine Bouchaud, réalisée par Maxime Renard
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